France-Espagne-Slovénie : Pourquoi doit-on « ré-introduire » des ours dans les Pyrénées ?
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Written by Franck Biancheri
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Thursday, 09 August 2007
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 Alors que l'ourse Franska a été accidentellement tuée dans les Pyrénées "percutée" successivement par deux voitures, cet évènement nous rappelle que la polémique entre les pro et les anti ours n'a jamais cessé. Une polémique qui une fois de plus oppose modernité et archaïsme, le plus « conservateur » n’étant pas nécessairement celui qu’on croit. C'est ainsi que Franck Biancheri tentait en mai 2006 déjà de répondre à la question " Pourquoi réintroduit-on l’ours dans les Pyrénées?" et d'y apporter une vision trans-européenne novatrice...
France-Espagne-Slovénie : Pourquoi doit-on « ré-introduire » des ours dans les Pyrénées ?
(Rediffusion) Car il s’agit bien là d’une question trans-européenne puisque les ours sont slovènes, et les Pyrénées hispano-françaises ; et que sur le fond, cette question de « ré-introduction » d’espèces sauvages dans les zones rurales européennes touche plusieurs régions de l’Union européenne.
Pétitions espagnoles et françaises, pugilats bien intra-français, mise à sac de mairies, protestations, manifestations, articles et contre-articles, … l’ours slovène est en train de devenir aussi célèbre en 2006 que le plombier polonais l’était en 2005 !
Heureusement, aucun référendum n’est prévu pour qu’il devienne un facteur politique majeur. Pourtant, cette politique de « réintroduction » des ours dans les Pyrénées pose une question importante, qui touche au rapport même que les Européens d’aujourd’hui et de demain ont/auront avec la nature et leurs zones rurales. Pourquoi réintroduit-on l’ours dans les Pyrénées ?
C’est une question anodine en apparence mais je me suis rendu compte que si les médias couvraient beaucoup le sujet et exposaient largement les griefs des « anti-ours », à savoir essentiellement le coût économique pour les bergers et la dangerosité de l’animal y compris pour les humains, il n’y avait pas de présentation des arguments des « pro-ours ». En fait, les « anti-ours » étaient mis dans la position de gens voulant s’opposer à la loi, à une décision souveraine, dont la légitimité et la motivation devaient être une évidence pour tous. Ce n’est qu’après plusieurs semaines que soudain je me suis rendu compte qu’en fait je n’avais aucune idée de pourquoi il fallait à tout prix réintroduire des ours dans les Pyrénées.
Alors, j’ai essayé de trouver les réponses à cette question. Et, en fait je n’ai rien trouvé d’autre qu’un choix idéologique : c’est bien de réintroduire des animaux sauvages (même dangereux) dans la nature ; et c’est mal de s’y opposer.
On peut bien entendu être contre les arguments des « anti-ours » et estimer que les pertes économiques imputables aux ours seront marginales (notamment par rapport à l’attrait touristique accru de la région dû à leur présence). On peut considérer légitimement que le risque d’attaque d’êtres humains est très limité et qu’il peut être intégré au risque général de vie en zone rurale. Mais il n’en reste pas moins que ce sont des arguments défendables et surtout qui se placent du point de vue de l’individu et de l’habitant, de celui qui au jour le jour vivra les conséquences du choix politique concerné. En démocratie, ce point de vue là ne peut pas être supérieur à celui du plus grand nombre ; mais il ne peut pas être balayé du revers de la main non plus.
Et cela d’autant plus que « le plus grand nombre » n’a jamais été consulté en la matière. Les Français n’ont jamais élu de gouvernement « vert ». Après plus de 20 ans de présence, les mouvements politiques « verts » restent en effet marginaux aux élections en France (autour de 5%). Donc, d’où vient cette « norme » qui dit qu’il est « bon », « sain » de réintroduire des animaux qui sont potentiellement dangereux pour l’être humain, qui ne sont pas en danger de disparition (l’ours brun se porte très bien de part le monde) et qui affectent directement l’activité humaine de la région (élevage de brebis et moutons en particulier).
En la matière, je n’ai pas de religion. Je ne suis ni pour, ni contre la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées. En revanche, je crois qu’on est face à un problème démocratique emblématique d’une faiblesse affectant toutes les démocraties dans l’Union européenne, et qu’illustre également le problème de ratification du projet de Constitution européenne. Qui définit la norme quand les populations directement concernées ne sont pas consultées ? D’ou vient la légitimité d’une position de principe, ou idéologique, quand aucun débat public n’a eu lieu ?
Dans le cas qui nous intéresse, de quelle nature parle-t-on ?
Est-il plus naturel de transporter un ours en camion d’une région d’Europe à une autre, en lui faisant effectuer un trajet qu’il n’aurait jamais fait « naturellement » ? Ou d’élever des moutons ou des brebis dans la montagne ? Qui décide de ce qui est « naturel » ou pas dans un domaine qui finalement est éminemment social et culturel et donc politique ? Qui est moderne et qui est archaïque, puisque ces étiquettes ont largement été utilisées dans ce débat en montrant généralement les « autochtones » comme archaïques et les autres (les citadins, les associations écolos) comme modernes : celui qui pense que la nature appartient d’abord à celui qui en vit et qui y vit, ou bien à celui qui s’y promène le temps des vacances ? Quel est celui le plus légitimement préoccupé par l’avenir : la mère dont la maison jouxte la forêt et qui a peur que son enfant soit agressé par un ours ou bien le cadre d’ONG dans son bureau de lobbying à Paris, Bruxelles ou ailleurs qui frémit à l’idée que l’ours brun ait disparu des Pyrénées ?
Ces questions sont complexes. Contrairement aux idées reçues et largement colportées par le discours dominant dans l’UE aujourd’hui, et en France en particulier, la modernité n’est pas forcément du côté de celui qui traite l’autre d’archaïque, le plus « conservateur » des deux n’est pas nécessairement celui qu’on croit ; et celui qui néglige l’humain réel pour favoriser le principe théorique a peu de chances d’être le plus démocrate des deux.
Ces questions du droits des minorités face aux majorités, du droit de ceux qui vivent les conséquences d’une décision par rapport à ceux qui n’en ressentent pas les effets négatifs, du pouvoir de ceux qui perçoivent la réalité comme un espace homogène et isotrope où leurs idées et leurs principes peuvent/doivent s’appliquer sans discernement par rapport à ceux qui vivent dans des réalités très diverses les unes des autres … sont au cœur de la réflexion et de la pratique démocratiques que Newropeans développe actuellement à l’échelle trans-européenne.
Car n’oublions jamais que désormais au sein de l’UE nous sommes tous des minorités face à nos 500 millions de concitoyens.
Et que si nous sommes tous des plombiers polonais, nous courrons également tous le risque que quelqu’un veuille introduire demain un ours slovène dans notre jardin. Franck Biancheri* Paris (France) Rediffusion (première publication 12.05.2006)
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Last Updated ( Thursday, 09 August 2007 )
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Image de la semaine |
Non ce n'est pas une affiche de campagne en Turquie, mais bien celle du parti socialiste autrichien (SPÖ) pour les élections d'octobre prochain à Vienne. Après les affiches de campagne de Strache qui plaide pour le " pur sang viennois" c'est la course au populisme?
Wien-Wahl: Politiker sprechen türkisch: 200.000 Neoösterreicher Wähler haben Migrationshintergrund. Die Parteien buhlen um ihre Stimmen - gerne auch in einer Fremdsprache.( Kurier 25/08/2010)
section: Portofolio
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Focus |
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La deuxième rencontre du cycle
“LA DEMOCRATIE EN DANGER”,
consacrée à la Justice en Europe
Le lundi 13 septembre
de 19h30 à 22h00
Salons de l’Aveyron
17 Rue de l'Aubrac
75012 Paris
 A l’heure où les discours et les mesures sécuritaires et judiciaires se durcissent dans nombreux pays européens, où l’on sait les atteintes aux droits les plus élémentaires et aux principes fondamentaux des simples citoyens, quels traitements sont réservés à ceux qui tiennent les pouvoirs politiques, financiers, économiques entre leurs mains? Une conférence-débat organisée dans le cadre du cycle La démocratie en danger par Les Amis de Beppe Grillo à Paris et le NewropMag.
Intervenants: les députés européens Luigi De Magistris, Sonia Alfano et Rosario Crocetta ; Harald Greib, vice-président de Newropeans en charge des affaires des institutions européennes ; Eric Alt, magistrat, membre de l’association MEDEL (magistrats européens pour la démocratie et les libertés) et de l’association Anticor, et Corinne Lepage, députée européenne et ex Ministre de l’environnement, engagée dans la lutte contre la corruption politique et financière.
Parmi les sujets de discussion:
- L'infiltration des organisations criminelles et le vide législatif relatif en Europe
- Les récentes dépénalisations des crimes financiers et économiques en Italie, en France et leur traitement au sein des institutions européennes
- Présomption d'innocence ou de culpabilité? L'exemple de la “loi bâillon” sur les écoutes téléphoniques qui viole les recommandations de l’OSCE concernant l’emploi de sources et de matériels nécessaires aux investigations journalistiques au service de la démocratie.
Contacts:
Micaela Bracciaferri, Coordinatrice “Les Amis de Beppe Grillo à Paris »
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Marianne Ranke-Cormier, Rédactrice en chef du NewropMag
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Entrée libre sur pré-inscription auprès de
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